Quand on parle de carrelage, on pense d’abord au style, à la couleur, au format. Pourtant, l’un des critères les plus importants, surtout dans une salle de bain, une douche à l’italienne ou à l’extérieur, c’est l’adhérence. Un sol beau mais glissant est un mauvais sol. Et inversement, un sol trop “rugueux” peut vite devenir pénible à vivre. Tout est une question d’équilibre, et de bonne lecture des normes.
À quoi servent vraiment les normes antidérapantes
Les normes ne sont pas là pour faire joli sur une fiche technique. Elles servent à mesurer, de manière objective, la résistance d’un sol au glissement, selon différents usages : avec des chaussures, pieds nus, sec ou mouillé.
Il existe deux grands systèmes que l’on retrouve le plus souvent :
- les classes R (test en chaussures, sol incliné),
- les classes dites “allemandes” A, B, C (test pieds nus, sol mouillé).
Selon la pièce, l’un est plus pertinent que l’autre.
Les classes R : marcher en sécurité avec des chaussures
La norme R vient du test dit “Ramp Test”. On incline une surface carrelée et on mesure à partir de quel angle une personne chaussée commence à glisser.
On trouve principalement :
| R9 : adhérence faible, pour pièces sèches sans risque particulier. | R10 : adhérence moyenne, suffisante pour cuisines, entrées, salles de bain peu exposées. |
| R11 : bonne adhérence, pour zones souvent mouillées, terrasses, buanderies. | R12 – R13 : très forte adhérence, plutôt pour milieux professionnels ou zones très exposées. |

Dans l’habitat, on est presque toujours entre R9 et R11. Aller au-delà est rarement utile, et parfois contre-productif.
Les classes A, B, C : le test pieds nus
Pour les zones où l’on marche pieds nus, surtout avec de l’eau, la norme R ne suffit pas. C’est là qu’intervient la classification allemande A, B, C, issue de tests spécifiques en milieu humide.
- Classe A : pente faible, adhérence minimale pieds nus,
- Classe B : bonne adhérence pour zones humides,
- Classe C : très forte adhérence pour zones très exposées à l’eau.

Cette norme est particulièrement importante pour :
- douches à l’italienne,
- bords de piscine,
- vestiaires, spas, zones bien-être.
Dans une salle de bain classique, une classe B est souvent un très bon choix. La classe C est réservée aux zones vraiment critiques, comme l’entrée d’un bassin ou une douche collective.
La douche à l’italienne : le vrai cas sensible
La douche à l’italienne cumule tous les risques : eau permanente, savon, pieds nus, pente légère. C’est l’endroit où le mauvais choix de carrelage se paie le plus vite.

Ce qu’il faut viser en pratique :
- Classe B minimum pieds nus, idéalement B bien maîtrisé,
- Une surface pas trop lisse, mais pas agressive non plus,
- Un format adapté à la pente, souvent petit ou moyen format pour mieux gérer l’écoulement.
Un carrelage trop glissant transforme la douche en patinoir. Mais un carrelage trop rugueux devient difficile à nettoyer, retient le calcaire et le savon, et vieillit mal visuellement.
Surclasser n’est pas toujours une bonne idée
On croit souvent que “plus c’est antidérapant, mieux c’est”. En réalité, non.
Un carrelage très antidérapant :
- accroche plus la saleté,
- se nettoie moins facilement,
- peut être désagréable sous les pieds,
- use plus vite serpillières et balais.
Mettre une classe C dans toute la salle de bain, ou du R12 dans un salon, n’a aucun sens. On adapte la classe à l’usage réel, pas au scénario catastrophe permanent.
Le bon raisonnement est simple :
- zones sèches : pas besoin d’exagérer,
- zones parfois humides : adhérence moyenne,
- zones toujours mouillées : adhérence renforcée, mais ciblée.
Ce qu’il faut vraiment regarder avant de choisir
Avant de commander un carrelage, il faut se poser trois questions très concrètes :
- Est-ce qu’on marche ici en chaussures ou pieds nus ?
- Est-ce que le sol est souvent mouillé ou seulement parfois ?
- Est-ce que je privilégie la facilité d’entretien ou la sécurité maximale ?
Et ensuite vérifier sur la fiche technique :
- la classe R pour les zones en chaussures,
- la classe A/B/C pour les zones pieds nus,
- le type de surface (structurée, satinée, mate, texturée).
En résumé
Un bon carrelage antidérapant n’est pas celui qui accroche le plus, mais celui qui est adapté à l’usage réel de la pièce.
Pour une douche à l’italienne, on vise en général une classe B pieds nus bien choisie.
Pour une salle de bain classique, on combine souvent R10 ou R11 avec une surface confortable.
Et surtout, on évite de surclasser “par peur”, car un sol trop rugueux est rarement un bon sol à vivre au quotidien.
Le bon choix, c’est celui qui équilibre sécurité, confort et entretien, sans tomber dans l’excès.


